Actu Europe du 29-11-2013

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Quelle direction prenons nous cette semaine en Europe ?

Je vous propose de retourner dans l'est de l'Europe, en Ukraine pour commencer, puis en Pologne. Enfin je parlerai d'une étude qui explique que l'industrie du gaz de schiste est bonne pour la création d'emploi en Europe.

Pour débuter, direction l'Ukraine.

Nous en parlions il y a une quinzaine de jours. La situation ne s'améliore pas. A la veille de la réunion qui s'est tenue à Vilnius fin novembre, le parlement ukrainien a refusé la libération de Ioulia Tymochenko en bloquant une nouvelle fois une loi qui aurait permis son transfert en Allemagne.

C'était l'un des derniers points de blocage entre l'UE et l'Ukraine.

Du coup, mais également sous l'effet de la pression russe, l'Ukraine a décidé d'abandonner la signature de l'accord de Vilnius et donc de tourner le dos à l'Europe pour se rapprocher un peu de la Russie. Résultat : depuis une semaine, les manifestations de l'opposition commencent à prendre de plus en plus d'importance et l'Ukraine semble donc entrer dans une période très instable.

Une situation que nous suivrons avec attention. Nous passons la frontière pour aller en Pologne.

Le gouvernement polonais soutient à fond l'industrie du gaz de schiste et malgré l'opposition d'une partie de la population, un ministre vient d'annoncer que l'exploitation commerciale du gaz de schiste se fera dès 2014.

C'est Piotr Wozniak, vice-ministre polonais de l'Environnement qui a déclaré que « La première exploitation commerciale commencera en Pologne l'an prochain ».

Pourtant, les premières recherches effectuées par des compagnies, notamment étrangères, n'avaient pas donné d'excellents résultats ?

Oui. On se souvient que l'année dernière, plusieurs compagnies avaient abandonnée. Mais, dans le même temps, Exxon Mobil, par exemple avait décroché un contrat en Russie. Ce qui explique peut être le soudain retrait de Pologne.

En tout cas, certaines sociétés semblent trouver que cela en vaut la chandelle. Par exemple, l'entreprise San Leon qui affirme que ses essais de fracturation hydraulique ont permis un débit régulier de gaz et ont « dépassé ses espérances ».

Si la Pologne rentre dans une phase de production, cela fera de ce pays le troisième producteur au monde, après les États-Unis et le Canada. Et de fait, le premier en Europe, puisque dans les autres pays européens, soit le procédé de fracturation est interdit, soit les recherches ne donnent rien pour le moment.

Un petit mot des compagnies françaises en Pologne.

Il s'agit surtout de Total. L'entreprise continue d'explorer en Pologne, même si dans le même temps il y a des projets d'exploitation en Russie. On verra au fur et à mesure de l'avancée des chantiers et des contrats. Peut être que Total adoptera la même stratégie qu'Exxon Mobil, abandonner la Pologne pour la Russie.

Il faut tout de même dire que d'une manière générale, les compagnies n'ont pas obtenu des résultats très satisfaisants côté exploration. Ce qui explique aussi certainement les départs de ces mêmes compagnies.

Pour terminer, une étude publiée récemment indique que le développement du gaz de schiste en Europe pourrait, en plus de créer de l'emploi, rendre l'industrie plus concurrentielle et moins dépendante des importations.

C'est le journal La Tribune qui relaie cette information.

C'est l'Association internationale des producteurs de pétrole et de gaz qui a commandé cette étude.

D'après les résultats, l'exploitation du gaz de schiste en Europe pourrait créer jusqu'à un million d'emplois.

C'est un chiffre impressionnant. Il faut peut être regarder un peu plus en détail.

Voilà, petit calcul :

  • Dans un premier temps, il y aurait entre 400.000 et 800.000 nouveaux emplois d'ici 2035. Donc, 2035 moins 2014, c'est à dire 21 ans, cela donne entre 19000 et 38000 emplois par an. Pour toute l'Europe. Il y a actuellement 28 pays dans l'Union Européenne. Tous les pays ne vont pas se précipiter sur cette industrie. Basons-nous sur une dizaine de pays, par exemple. Ce qui ferait environ entre 1900 et 3800 emplois par an et par pays pour toute l'Europe. Il y a certainement d'autres secteurs, comme celui des énergies renouvelables qui permettraient d'atteindre d'autres sommets au niveau de l'emploi tout en préservant notre environnement.

  • A l'horizon 2050, les chiffres sont un peu plus élevés, mais pas de quoi monter au plafond.

En plus, l'étude précise que cela dépendra également des résultats. Si on regarde un pays comme la Pologne, dont nous venons de parler, on s'aperçoit que les résultats sont loin d'être au rendez-vous.

Autre argument choc, la production locale permettrait de réduire la dépendance de l'UE à l'égard des importations de gaz.

On pense bien sur à la Russie et Gazprom.

Et donc, moins l'Europe dépense en importations d'énergie, plus elle peut investir à l'intérieur. Ce qui permettrait de stimuler l'économie au niveau local, mais aussi à l'échelle nationale.

La prochaine fois, nous ferons un zoom sur l'industrie chimique qui elle aussi voudrait bien profiter du gaz de schiste.