Actu Internationale du 01-04-2014

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SOURCES

La chanson anti-fracking

Accident de forage en Argentine

Un film argentin contre la fracturation hydraulique

Bonjour à tous,

Hé bien oui, pour une fois, ce n’est pas le générique habituel qui démarre notre émission et vous vous demandez si on ne serait pas devenus fous. Pas du tout ! La chanson que vous venez d’entendre a été concocté par les amis David Holmes et Niel Bekker et elle s’intitule ‘Mon eau s’enflamme ce soir’ avec comme sous-titre ‘la chanson anti-fracking’. En fait, il s’agit de la version musicale d’une pétition lancée pour obtenir l’interdiction de la fracturation hydraulique en Californie. Elle est donc destinée à l’actuel Gouverneur, Monsieur John Brown. Vous me direz : oué, bof, une pétition de plus, ça ne cassera pas trois pattes à un canard… Hé bien détrompez-vous. Ce gouverneur est à l’écoute de ses administrés et c’est lui qui leur aurait demandé d’organiser cette pétition afin qu’il puisse s’y appuyer pour rendre la fracturation hydraulique illégale en Californie. Pour cela, il faudrait qu’elle soit signée par au moins 25 000 personnes. C’est beaucoup, mais aujourd’hui, le compteur en est à presque 21 000 signatures. De plus, il y a quinze jours, une manifestation anti-fracking s’est tenue à Sacramento et ils étaient tout de même 4000 à défiler en reprenant cette chanson.

Ca bouge aussi en Argentine où un accident de forage majeur a eu lieu le 19 Mars dernier dans la ville de Allen. Ce fut d’abord une explosion, puis dans les jours suivants, un plan d’urgence a été mis en place par les autorités pour déplacer les populations à cause de la propagation de gaz. Les pompiers locaux ont annoncé ne pas savoir quoi faire. Un chimiste a été dépêché sur place et ses conclusions sont ahurissantes puisqu’il a constaté que tous les gaz s’échappaient du puits après son explosion et qu’ils étaient tous extrêmement toxiques. Apache, c’est le nom du pétrolier responsable, a été montré du doigt, évidemment, mais surtout, les autorités ont ressorti les documents fourni par lui pour obtenir ses permis de forer : on y trouve des affirmations comme quoi la fracturation sera sans danger et que le pétrolier y prétend maîtriser tout ça. Mais à la suite de cet accident majeur, et sous la pression des autorités publiques, que croyez-vous que ce pétrolier a pris comme décision ? Reboucher le puits ? Renoncer à la fracturation ? Dédommager la population ? Publier la liste des produits chimiques utilisés ? Non, rien de tout ça. Il a simplement licencié un directeur et pan, c’est reparti ! Ah, ils n’ont vraiment peur de rien ces pétroliers.

C’est ce qu’à voulu montrer un jeune cinéaste argentin, Principio Esperanza. Il tourne actuellement un film qui sort en épisodes de 10 minutes. 4 sont déjà visibles sur internet. Ca s’intitule, traduit en français : Hydro fracturation, de l’eau, de l’air, de la terre, la mort. On peut y voir l’arrivée des pétroliers, notamment Chevron, la mise en place des puits, les interminables norias de camions pour l’acheminement de l’eau et des produits chimiques indispensables à la fracturation hydraulique, mais aussi les premières réactions des agriculteurs locaux, la montée de la mobilisation, le déroulement des réunions publiques des indiens Mapuches, qui vivent là, bref, un documentaire passionnant. A ce sujet, je vous rappelle que nous attendons la sortie d’un film documentaire français produit par les Amis de la terre, qui a été tourné en partie en Argentine et en Ardèche.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Je vous laisse avec un extrait de la chanson anti-fracking et pour être un peu taquin, je note que les collectifs ardéchois reprenaient en chœur : gaz de schiste, ni ici, ni ailleurs, alors que cette chanson dit : interdisez le fracking… En Californie. Voilà du grain à moudre pour vos prochaines semaines. D’ici là, allez donc déchainer vos clics sur les autres rubriques de notre radio !