Actu Internationale du 21/10/2013

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Sources

Sylvie Hubac : Présidence de la République et Vallourec sont dans le même Batho

Les entreprises françaises dans le gaz

 

 

  • Bonjour Madeleine, Bonjour à tous,
  • Bonjour Michel. La décision du Conseil Constitutionnel de maintenir la loi interdisant la fracturation hydraulique est-elle une bonne nouvelle pour la lutte contre les gaz de schiste ?

Bien sûr que c’est une décision importante et positive. Mais on peut aussi parler de l’arbre qui cache la forêt.

  • Pour quelle raison ?

Parce que l’état français interdit la fracturation hydraulique… En France. Et dans le même temps, le gouvernement français signe des accords de coopération pour l’exploitation des gaz de schiste… En Algérie ! Rappelez-vous que c’est Laurent Fabius qui avait vendu la mèche en novembre 2012, créant une polémique avec Delphine Batho. Nous avons souvent parlé ici de l’organisation de la lutte anti-gaz de schiste en Algérie, mais sur le terrain, les médias algériens masquent les catastrophes inévitables de cette exploitation au motif d’expansion économique et autres balivernes que les pétroliers font apprendre par cœur aux journalistes du monde entier. Pour trouver la contradiction, il faut lire cet article dans le journal El Watan, sous la plume de Monsieur Karim Tedjani, directeur du portail Ecologique Nouara. Il y passe en détail les caractéristiques  locales du désastre attendu.

 

  • Par exemple ?

Hé bien c’est tellement bête, mais faut-il rappeler qu’il n’y a pas d’eau dans le désert. On aimerait bien aller graver ça dans les dossiers de presse des lobbystes pétroliers qui hurlent aux bonheurs futurs de l’expansion énergétique… Il n’y a pas d’eau dans le désert et puisqu’il en faut des millions de litres PAR FRACTURATION, qu’il faut compter entre 12 et 16 fracturation PAR PUITS et que l’état algérien parie sur DOUZE MILLE puits…

 

  • Ca fait tourner la tête…

C’est ce que souligne Karim Tedjani en mettant au jour les plans de cette campagne qui prévoit l’exploitation des réserves souterraines d’eau de ce qui s’appelle la nappe albienne, mettant en danger l’avenir même du pays quand il dit, je cite : la surexploitation de cette nappe entrainerait la salinisation des terres et donc, l’avancée du désert.

Et voilà ce que le gouvernement français vient de valider.

 

  • C’est la bonne vieille attitude du… ‘où vous voulez mais pas dans mon jardin’… Vous vouliez nous parler d’économie ?

 

Oui, on peut lire ça dans le supplément Eco & Entreprise du Mardi 8 Octobre 2013. On parle de la société Solvay, groupe chimique belge dirigée par un français, Jean Pierre Clamadieu, on s’en fout, qui vient d’acheter une société américaine qui répond au doux nom de Chemlogics. Ne cherchez pas le lien internet de leur site, ils n’en ont pas. Ils travaillent dans l’ombre. Leur boulot consiste à fabriquer et vendre quelque chose qui nous intéresse beaucoup : les produits chimiques destinés à la fracturation hydraulique. Les voilà donc, ces douceurs dont les pétroliers rêvent que jamais on en parle. « Des produits chimiques… Mais non… non non non… On va bientôt utiliser des produits alimentaires… ». Tu parles… Cette société Chemlogics était côtée 100 millions d’euros. Mais vous pouvez lire que Solvay vient de l’acheter dix fois son prix : 1 milliard d’euros… Cette surestimation est basée sur l’essor prévu de l’exploration du gaz de schiste dans le monde. Parce que la société en question vend ses produits partout dans le monde : en Amérique du Nord, en Australie, en Chine, en Russie.

 

  • C’est énorme…

Oui, mais il y a dans la transaction une autre information croustillante. En matière d’exploitation de gaz de schiste, chaque pétrolier achète et paye les produits chimiques qu’il injecte dans le sol : pour chaque fracturation, montant de la facture : 11 500 dollars… Ca fait cher le jus de tomate… Et voici que nous découvrons, en matière de fracturation hydraulique, le joyeux mundillo des fournisseurs.. Fournisseurs de services, d’études, d’équipements, etc. Et qu’une bonne partie d’entre eux est français. Par exemple la société Vallourec qui s’est imposée comme un des leaders des tubages traités et des joints filetés qui garnissent chaque puits. Allez donc visiter leur site, c’est rigolo…

 

  • Dites-nous en plus…

Vallourec a une activité à 100 % polluante et sur la page d’accueil de leur site, vous pouvez voir la restauration d’un théâtre au Brésil dont ils assurent le financement… Ben voyons… A côté de ça, ils viennent d’inaugurer une nouvelle usine à Youngstown aux Etats Unis qui leur a coûté 1 milliard d’euros… Hé, les gars… Ca se voit un peu… Je vous rappelle que la femme du PDG de Vallourec, Madame Syvie Hubac, n’est autre que la directrice de cabinet de… François Hollande. Rappelez-vous que son neu-neu de mari, Philippe Crouzet, avait annoncé avant tout le monde le limogeage de Delphine Batho… Il avait une meilleure source d’information que les autres… Forcément…

 

  • Quels autres industriels français ?

Les ciments Lafarge, qui sont aux premières loges du gâteau… Vinci, dont nous voyons le logo tous les jours dans nos villes qui, via des filiales, vends et loue du matériel de forage. Veolia et Suez qui s’empressent de s’occuper de tout en matière d’eau. La société SNF, qui, par exemple, fournit des adjuvants pour rendre l’eau des forages plus visqueuse, la belle affaire, Saint Gobain et total, qui, via leur filiale Arkema, propose des trucs pour rendre la vie du foreur plus facile.

 

  • En fait, en matière de gaz de schiste, il n’y a pas que du gaz de schiste…
  • Madeleine, vous avez raison. En matière de gaz de schiste, il y a surtout le Grand Club des ‘Y’a du pognon à s’faire, et on s’en fout du reste’… Voilà, merci pour votre écoute, attardez-vous sur le site de notre radio en allant écouter les autres rubriques et, malheureusement pour notre chère planète, rendez-vous pour notre prochaine édition.